Coup de projecteur utilisateur : Marie-Sophie Putfin et ses usages de MAPublisher au sein de l’agence Légendes Cartographie

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Le saviez-vous ? Reconnu pour ses nombreux atouts en matière de cartographie thématique, à des fins d’impression papier ou non,
MAPublisher est également un puissant outil permettant de basculer aisément d’une projection à l’autre. Géom@tique vous propose de découvrir le témoignage d’une cartographe passionnée exerçant au sein de l’agence Légendes Cartographie : Marie-Sophie Putfin, qui vous parlera de son parcours, de son métier et de ce que MAPublisher lui apporte au quotidien. Bonne lecture !

(1) Pour commencer, pouvez-vous présenter Légendes Cartographie ?

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Légendes Cartographie est une agence de cinq cartographes. Nous réalisons principalement des cartes thématiques pour l’édition et la presse. Nos domaines de compétences sont variés, mais nous nous sommes particulièrement spécialisés en histoire grâce à notre collaboration avec le magazine L’Histoire, pour lequel nous réalisons les cartes depuis la création de Légendes Cartographie. Nous intervenons également dans tous les atlas hors-séries de La Vie/Le Monde depuis 2007.

Nous réalisons aussi beaucoup de manuels scolaires d’histoire-géographie pour Nathan, Hachette, Hatier, Belin… pour lesquels nous prolongeons la carte papier par sa version numérique interactive. Mais nous travaillons aussi dans le domaine géologique, les cartes de vins ou le tourisme… Nous sommes tous motivés par la transmission efficace de l’information en s’adaptant au support et au public visé. Nous travaillons principalement sur le logiciel Illustrator, mais aussi sur des logiciels de retouche d’image, de 3D et sur SIG.

(2) Pouvez-vous dire quelques mots sur votre parcours professionnel et vos missions actuelles ?

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J’ai fait des études de géographie à la Sorbonne Paris IV. Après ma maîtrise et un DEA de géographie tropicale, je me suis orientée vers la cartographie thématique en DESS à Paris I (aujourd’hui Master Carthagéo). Pendant cette dernière année d’étude, j’ai eu l’opportunité de dessiner une carte géologique du Costa Rica pour un professeur et de réaliser un « atlas de poche » pour Larousse. Ces premières expériences professionnelles m’ont donné l’envie de créer ma propre société, et j’ai proposé l’idée à deux amis géographes qui ont accepté.

Nous avons déposé les statuts en 1996. Notre premier client a été le magazine L’Histoire, avec qui nous collaborons toujours. Parmi nos réalisations les plus connues, nous avons eu la chance de travailler pour le « Géopolitique » d’Yves Lacoste, les atlas hors-séries de La Vie/Le Monde, les atlas historiques de Christian Grataloup et bien sûr les manuels scolaires d’histoire-géographie.

Je travaille actuellement sur le prochain atlas Hors-série de La Vie/Le Monde : « L’atlas de la Terre » qui fait le point sur la façon dont l’Homme a dominé la nature. Il s’achèvera à la fin de l’année et devrait paraître en janvier prochain.

Je finis également une commande pour le BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières), à savoir un poster « grand public » de la géologie de la région parisienne.


(3) À l’origine, pourquoi vous êtes-vous orientée vers la solution MAPublisher ?

Pendant mes études, j’avais suivi une formation sur ArcGIS, mais je n’ai pas eu l’occasion de m’en servir au cours de ma carrière. La cartographie thématique ne requérait pas spécialement l’utilisation d’un SIG, car les cartes que nous réalisions étaient faites « sur-mesure » avec une généralisation des tracés qui était notre signature. Puis, progressivement, sont apparues les données en accès libre, utilisable avec des SIG et j’ai commencé à me dire qu’il fallait peut-être s’y pencher. De plus, on me demandait souvent de réaliser des planisphères avec des projections particulières. Je ne voulais pas retourner vers ArcGIS, qui me semblait bien trop lourd pour l’usage que j’en ferai. J’ai donc commencé par une formation sur le SIG QGIS, mais j’ai été déçue par le côté « bidouillage » de ce logiciel dont je ne maîtrise ni la stabilité, ni les nombreux plug-in qu’on doit intégrer pour qu’il fonctionne. Puis, un confrère m’a parlé de MAPublisher, un SIG qui se greffait sur Illustrator. Cela m’a beaucoup intéressée car Illustrator est mon outil principal et j’accorde une importance capitale à l’esthétique des cartes.

(4) En juin 2017, vous avez suivi une formation en ligne à MAPublisher proposée par Géom@tique. Que vous a-t-elle apporté et quelle(s) perspective(s) avez-vous vue(s) s’ouvrir ?

J’ai vite réalisé que MAPublisher correspondait exactement à ce que j’attendais d’un SIG pour une utilisation en vue de réaliser des cartes thématiques esthétiques. MAPublisher pouvait me faire gagner du temps en me permettant d’utiliser des données libres et en les utilisant sur mes propres fonds de cartes si je le souhaitais, grâce à la facilité de géoréférencement d’un fond de carte réalisé par mes soins.

Le fait que le logiciel soit couplé à
Illustrator présente également beaucoup d’avantages.

De plus, l’aide en ligne, d’une part, mais surtout le support par mail de
Géom@tique est très efficace, j’y ai eu recours pour poser une question à propos du centrage personnalisé des projections et la réponse m’a été donnée très rapidement.

(5) Aujourd’hui, quels usages avez-vous de MAPublisher ? Pouvez-vous nous les décrire ?

J’utilise beaucoup la fonction de géoréférencement d’un fond de carte existant pour pouvoir le re-projeter dans une autre projection. En effet, quand je réalise un ouvrage complet, comme un manuel scolaire d’histoire par exemple, ou alors un atlas historique, je dois conserver un aspect identique du tracé des côtes d’une carte à l’autre, quand on est à la même échelle. Pour cela, je dessine « à la main » sur Illustrator un fond de carte de base, en me calant sur un Shapefile existant. Puis, d’une carte à l’autre je bascule automatiquement dans une autre projection grâce à MAPublisher.

J’utilise également l’outil
MAP Selection. Par exemple, sur cette carte issue de l’Atlas historique de la France de Christian Grataloup (p. 243), je devais réaliser une carte en projection polaire et représenter l’ensemble des possessions et ZEE françaises sur les deux hémisphères. J’ai utilisé MAP Selection pour sélectionner uniquement les ZEE françaises sur un Shapefile des ZEE mondiales, et j’ai re-projeté ma carte en deux projections polaires (carte 1).

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Novembre 2020, « La France d’outre-mer », p. 243, in Grataloup C. et Becquart-Rousset C.,
L’Atlas Historique de la France, Éd. Les Arènes, 320 pages.


Voici un autre exemple très simple de l’utilisation de l’outil
MAP Selection sur la carte p.157 de l’Atlas des Afriques de La Vie/Le Monde, à partir d’une base de données compilée par mes soins sur les unions monétaires ou économiques en Afrique. Pour cela, j’ai manipulé la table attributaire afin de créer des catégories en plus (carte 2).

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Juillet 2020, « Une révolution monétaire », p. 157, in « L’Atlas des Afriques »,
La Vie/Le Monde Hors Série, n°32, 186 pages.


J’utilise aussi classiquement l’outil
MAP Themes, comme pour la population des États-Unis par comté issue de « L’Empire américain » de La Vie/Le Monde (carte 3).

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Octobre 2019, « Densité de population par comtés, en 2010 », p.7, in « L’Empire américain »,
La Vie/Le Monde Hors Série, 154 pages.


Il m’arrive aussi de dessiner des éléments sur une carte et de les géoréférencer en les insérant dans une
MAP View et de les exporter pour les utiliser sur une autre carte, comme par exemple la limite entre les « pays du Nord et les pays de Sud » que l’on retrouve souvent dans les manuels scolaires, ou bien encore le « rideau de fer » sur les cartes européennes de l’après-guerre.

(6) Pour terminer, quel est votre outil préféré de MAPublisher Happy ?

Un de mes outils préféré est la MAP View tout simplement pour le plaisir de glisser un élément dans une MAP View et de le voir se mettre à la bonne projection. J’apprécie aussi de pouvoir changer de projection très facilement et de pouvoir centrer ma carte sur la position que je souhaite. C’est ce que j’ai fait sur cette carte issue de l’Atlas historique de la France de Christian Grataloup (carte 4). Il ne fallait pas que la France tombe dans le pli de l’ouvrage au milieu de la carte. La projection est une Winkel Tripel que j’ai centrée sur le 25°E. Il y a en plus une MAP Selection sur des ZEE françaises et des cercles proportionnels créés grâce à l’outil MAP Themes, suite au calcul de la racine carré dans la table attributaire (MAP Attributes).

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Novembre 2020, « Un acteur de l’histoire mondiale », pp. 20-21, in Grataloup C. et Becquart-Rousset C.,
L’Atlas Historique de la France, Éd. Les Arènes, 320 pages.


Pour moi, l’outil par excellence est
MAP Themes pour sa facilité d’utilisation. Pour un manuel scolaire par exemple, je peux préparer plusieurs MAP Themes sur un seul planisphère des États du monde (Espérance de vie, PNB, IDH, ronds proportionnels à la population, etc) en spécifiant mes bornes et mes couleurs et cette préparation me permet de réaliser plusieurs cartes à partir d’un seul fichier de préparation, et de regrouper ainsi toutes les bases de données dont j’aurai besoin pour ce même manuel. Le travail de gestion de la base de donnée est fait une seule fois au début. Si il y a des erreurs de « matching », je corrige tout en même temps et j’obtiens à la fin une base de données propre qui me resservira plusieurs fois dans l’année pour différentes cartes.

Accessoirement, l’outil que j’utilise énormément est le
Map Vector Crop Tool. C’est un outil très pratique pour alléger le poids des cartes. Je peux effacer en un clin d’œil tout ce qui est superflu autour de mon plan de travail, tout en faisant une coupure parfaite qui ne chamboule pas mes calques. Cet outil se révèle très utile lorsque l’on passe une carte sur le logiciel Animate par exemple, qui ne tolère pas que des éléments soient présents en dehors du plan de travail.

J’ai eu l’occasion de réaliser un index avec
MAPublisher pour un plan de Riom et j’ai été conquise par la simplicité d’utilisation.

L’atout principal de
MAPublisher est là : la simplicité d’utilisation et l’intuitivité, parfaitement inséré dans Illustrator.


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